Résistance aux antibiotiques, boson de Higgs, « j’aime » sur réseaux sociaux et oiseaux à quatre ailes

Quatre sélections parmi les nouvelles scientifiques de la semaine:

– Dans son éditorial de cette semaine, le journal scientifique Nature discute de la menace posée par le nombre croissant de bactéries résistantes aux antibiotiques et de l’importance de mobiliser l’attention des responsables politiques sur ce problème.

Au cours des dernières décades, la mauvaise utilisation et les prescriptions abusives d’antibiotiques ont mené à une augmentation du nombre de bactéries et d’infections résistantes aux antibiotiques. Malgré des avertissements de plus en plus nombreux sur les conséquences dangereuses de telles pratiques, les antibiotiques sont toujours prescrits en excès par les médecins et restent largement utilisés comme supplément alimentaire pour améliorer la croissance du bétail. Le déclin général observé dans la recherche et le développement de nouvelles classes d’antibiotiques rend la situation encore plus alarmante. L’éditorial de Nature montre que les responsables politiques commencent à accorder à cette situation l’attention qu’elle mérite, mais il nous rappelle aussi qu’apporter des solutions au problème ne sera pas chose facile. Gérer une telle crise nécessite non seulement la coopération des chercheurs, professionnels de la santé, responsables politiques et industries pharmaceutiques et agroalimentaires, mais exige aussi une forte volonté politique d’agir, un effort au niveau mondial et des financements à la hauteur. Et, si je peux me permettre d’ajouter, une augmentation de la prise de conscience du problème par le grand public. La plupart d’entre nous n’a jamais connu l’époque où mourir d’une infection bactérienne n’était pas si rare que ça. Beaucoup de gens considèrent cela comme une chose passée, dont la médecine nous a débarrassés à jamais. Il faut maintenant faire en sorte que cela le reste.

– Le boson de Higgs se comporte toujours comme le boson de Higgs.

Il y a huit mois, les chercheurs en physique des particules qui travaillaient sur les données obtenues grâce au Large Hadron Collider (LHC) près de Genève annonçaient qu’ils avaient détecté une particule qui ressemblait au boson de Higgs (voir mon billet sur les Découvertes de l’année 2012). Le boson de Higgs, dont l’existence avait été prédite en 1964, était considéré comme la pièce manquante du modèle standard de la physique des particules (qui décrit les particules constituant la matière). Sa découverte expérimentale, en juillet 2012, a donc été particulièrement célébrée (par les physiciens en tout cas). La quantité de données issues du LHC qui avait alors été analysée était suffisante pour identifier la nouvelle particule comme le boson de Higgs avec un haut degré de certitude. Néanmoins, il restait encore beaucoup de données brutes à analyser pour définir plus précisément les propriétés de cette nouvelle particule et voir si elles correspondaient à celles prévues par le modèle standard pour le boson de Higgs. De nouveaux résultats présentés récemment lors d’une conférence en Italie montrent que la particule ressemblant au boson de Higgs de l’été dernier continue effectivement à se comporter comme prévu: ses propriétés (par exemple un spin nul, une parité positive, une désintégration en leptons τ) correspondent à celles prédites par le modèle standard, confirmant ainsi que cette particule est vraisemblablement un boson de Higgs.

– Ce que vos “J’aime” sur les réseaux sociaux peuvent révéler sur vous.

A partir des “J’aime” Facebook de quelques 58000 volontaires américains, des chercheurs de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ont créé un modèle mathématique qui permet de prédire les caractéristiques ou “attributs” psychodémographiques des individus à partir de leurs “J’aime”. Ils ont aussi recueilli les donnés démographiques des volontaires et leur ont demandé d’effectuer des tests de personnalité pour évaluer certains traits comme l’intelligence, la stabilité émotionnelle ou encore l’ouverture. Comme le rapporte l’article paru dans le journal scientifique PNAS le 11 mars (article en accès libre), le modèle s’est avéré plutôt performant dans la justesse de ses prédictions sur un certain nombre d’attributs personnels: les hommes et les femmes ont ainsi été identifiés correctement dans 93% des cas, les Africains Américains et les Caucasiens Américains dans 95% des cas, les hommes homosexuels et les hommes hétérosexuels dans 88% des cas et les Démocrates et les Républicains dans 85% des cas. Le modèle s’est montré presque aussi juste qu’un test de personnalité dans son évaluation de l’ouverture d’un individu à de nouvelles expériences et a également permis de prédire des traits comme l’extraversion ou l’intelligence. Dans la dernière partie de l’article, les auteurs donnent quelques exemples d’association entre un “attribut” et des “J’aime”: certains des meilleurs indicateurs de “forte intelligence” sont ainsi “The Colbert Report” (une émission télévisée satirique américaine) , “Science”, et “Curly Fries” (frites en forme de spirales); pour “faible intelligence”, ce sont par exemple “Sephora”, “I Love Being a Mom” (J’adore être une maman) et “Harley Davidson”. Les auteurs de l’étude précisent néanmoins que le lien entre un “J’aime” et l’attribut qu’il prédit n’est pas toujours clair – par exemple qu’il n’y a pas de rapport évident entre Curly Fries et forte intelligence …

– Une étude publiée dans le journal scientifique Science cette semaine suggère que les premiers oiseaux avaient quatre ailes, avec des plumes à la fois sur les membres antérieurs et sur les membres postérieurs.

La plupart des paléontologues aujourd’hui reconnaissent que les oiseaux ont évolué à partir d’un groupe de dinosaures à plumes il y a entre 150 et 100 millions d’années. Microraptor, un dinosaure non-avien, est connu pour avoir eu des plumes sur ses pattes avant et arrière et pouvait probablement voler (comment il volait reste cependant à éclaircir). Une équipe de recherche chinoise a maintenant analysé de nouveaux spécimens fossiles d’oiseaux primitifs et a trouvé des preuves de la présence de plumes sur non seulement les membres antérieurs, mais aussi les membres postérieurs. La question de savoir si ces ailes postérieures étaient utilisées pour voler, et si oui, comment, reste cependant en suspens.

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