Le temps, c’est de l’argent

timefliesCette semaine, le C@fé des sciences s’intéressait à un thème en particulier: le temps. Plusieurs blogs membres du C@fé ont donc proposé des billets sur des sujets en rapport avec le temps. N’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil, vous trouverez sûrement un ou deux trucs qui pourraient vous intéresser!

Même si je n’avais pas le temps de préparer tout un billet pour contribuer à cette semaine thématique, je me suis quand même demandé ce que j’aurais pu écrire. Et la première idée en rapport avec le temps qui m’est venue à l’esprit est celle du lien entre le temps (ou le manque de temps) et l’argent.

Plus précisément, je suis récemment tombée au travers de mes lectures sur deux articles qui posaient en gros la même question: pourquoi avons-nous bien trop souvent l’impression de manquer de temps?

Quelques axes de réflexion tirés de ces lectures:

le manque de temps réel: pour certaines catégories professionnelles (notamment celles associées à un plus haut niveau d’éducation), le temps passé à travailler a effectivement augmenté au cours des 30-50 dernières années, laissant donc moins de temps pour des activités de loisir,

l’utilisation du temps libre: la quantité d’options qui s’offrent à nous pour utiliser notre temps de loisir a aussi augmenté (ne serait-ce que la multitude de lectures possibles sur internet par exemple), et, alors que cela peut être considéré comme positif, c’est finalement aussi pour nombre de personnes source de stress (typiquement: on n’a jamais assez de temps pour faire tout ce qu’on voudrait faire)

la perception du temps et de sa valeur: plus la valeur financière de notre temps semble élevée, plus il devient important de bien utiliser ce temps (c’est-à-dire, de le rentabiliser), et plus il nous apparaît comme une denrée rare

-> les catégories socio-professionnelles les plus aisées sont aussi celles qui rapportent le plus d’anxiété et le sentiment de “manquer de temps”, même lorsque les heures de travail des différentes catégories comparées sont équivalentes

-> au-delà de la valeur du temps directement estimée par rapport au salaire-horaire de chacun, il semblerait que la seule impression d’être riche/aisé puisse suffire à créer la sensation d’être pressé par le temps: des chercheurs de l’université de Toronto ont ainsi divisé un centaine d’étudiants en deux groupes et leur ont demandé d’indiquer combien d’argent ils avaient sur leur compte bancaire; tous devaient répondre en utilisant une échelle faite de onze cases, mais pour un groupe l’échelle était divisée en incréments de $50, allant de “rien” à “plus de $500”, et pour l’autre groupe l’échelle était faite d’incréments beaucoup plus grands, allant de “rien” à “plus de $400 000”; lorsque l’échelle était faite d’incréments de $50 dollars, la plupart des étudiants cochaient une case vers le haut, ce qui leur donnait l’impression d’être relativement aisé financièrement, contrairement aux étudiants de l’autre groupe qui devaient cocher une case vers le bas de l’échelle; les chercheurs ont ensuite observé que cette “manipulation” suffisait à créer des différences dans la manière dont les étudiants percevaient leur temps: ceux qui se sentaient plus aisés financièrement se sentaient aussi globalement plus pressés par le temps et plus stressés.

Deux articles à lire et un TEDx talk:
In search of lost time – Why is everyone so busy? The Economist, 20 décembre 2014
Why we feel pressed for time, Elizabeth Dunn, on Edge.org
What is your time really worth? Elizabeth Dunn, TEDxColoradoSprings 2014

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2 réflexions sur “Le temps, c’est de l’argent

  1. Cossino février 1, 2015 / 4:36

    Bonjour

    Votre article m’a fait penser à un écrit de Sénèque ou Épictète qui disait en substance que les humains ne se rendaient pas compte que la chose la plus précieuse était le temps ( car il est limité par la fin de la vie) et que c’était la chose ( le temps) qu’ils perdaient facilement sans qu’ils s’en inquiètent ( les distractions étant considérées comme des pertes de temps !!).

    De plus Nietzsche rappellerait qu’un homme libre ( riche ?) est celui qui dispose de plus des 2/3 de son temps pour lui même.

  2. Aurelie février 3, 2015 / 5:21

    Merci pour votre commentaire!
    J’ai l’impression que pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui, le problème est plutôt qu’on s’inquiète trop de « perdre du temps ». Plutôt que de stresser parce qu’on devrait toujours faire « plus » de nos journées et/ou « rentabiliser » le temps libre dont on dispose, ce serait pas mal de pouvoir juste apprécier ce temps libre, peu importe ce à quoi on l’utilise. Mais ça peut être difficile dans une culture qui valorise beaucoup les « achievements », que ce soit au travail ou dans les loisirs.

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