Découvertes de l’année 2015, le palmarès de Science

Le journal Science a cette année choisi la technologie CRISPR/Cas comme l’avancée scientifique la plus importante de l’année 2015. Non pas que le système CRISPR/Cas soit nouveau – il a été décrit en 2012 et figurait déjà au palmarès de Science en 2014, mais son utilisation dans les laboratoires du monde entier a augmenté de manière exponentielle, et ses succès et futures applications l’ont fait connaître bien au-delà des murs des laboratoires de biologie moléculaire.

En un mot, le système CRISPR/Cas est un outil de modification du génome: il permet de supprimer, insérer, ou encore modifier des morceaux d’ADN n’importe où dans le génome d’un grand nombre d’espèces et de types de cellules. Il existe d’autres technologies permettant d’altérer le génome, par exemple les TALENs, mais ce qui rend le système CRISPR/Cas particulièrement puissant comparé à ces autres techniques est sa simplicité et son faible coût.

À propos de CRISPR/Cas:
En français
La modification de l’ADN à la portée de tous. La Recherche, janvier 2015
En anglais
Science breakthrough of the year
CRISPR/Cas9 gene editing – No pig in a poke. The Economist, 17 October 2015
Editing humanity. The Economist, 22 August 2015
CRISPR: the good, the bad and the unknown. Nature Special (collection of articles on CRISPR/Cas), 2015

Le reste du palmarès

– des images détaillées de deux planètes naines: la sonde spatiale Dawn de la NASA a atteint Ceres, dans la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter, en mars, et New Horizons est passée très près de Pluton, dans la ceinture de Kuiper (au-delà de Neptune, aux confins du système solaire) en juillet

– le séquençage de l’ADN de l’Homme de Kennewick, un squelette vieux de 8 500 ans découvert en 1996 dans l’état de Washington, aux États-Unis: l’analyse de l’ADN a confirmé que les Amérindiens sont les descendants de peuples asiatiques ayant traversé le détroit de Béring il y a au moins 15 000 ans

– la première analyse des quelques 1 500 fossiles issus d’au moins 15 individus trouvés dans le système de caves Rising Star en Afrique du Sud: les détails des pieds, poignets, mains, crânes et autre fossiles peignent une espèce du genre Homo marchant redressée mais ayant toujours des caractères primitifs, tels qu’un petit cerveau et des doigts dont la forme suggère que grimper aux arbres faisait partie du mode de vie. Les chercheurs ont appelé ces nouveaux hominines Homo naledi; l’âge des fossiles n’a pas encore été déterminé

– un vaccin contre Ébola, développé par des chercheurs de l’Agence Publique pour la Santé du Canada puis par Merck, et testé en Guinée dans le cadre d’un essai clinique mené par l’OMS en 2015, a montré une efficacité (protection) de 75% à 100%

– la découverte de vaisseaux lymphatiques cachés dans les méninges (les membranes enveloppant le cerveau) de souris, et des indices suggérant que le cerveau humain contient aussi ces vaisseaux. Jusqu’à la publication de ces résultats l’été dernier, on pensait que le système lymphatique s’arrêtait au niveau du cou et que le cerveau possédait ses propres défenses immunitaires sans connexion directe avec le reste du corps

– des levures modifiées génétiquement pour produire la thébaïne, le précurseur d’analgésiques comme l’oxycodone qui est d’’habitude dérivé du pavot. D’autres modifications seront toutefois nécessaires pour augmenter le rendement des levures: pour le moment, la production d’une dose d’analgésique demanderait probablement des milliers de litres de culture de levures

– le vent du changement souffle sur la recherche en psychologie: les études conduites dans le domaine de la psychologie incluent souvent peu d’individus et cherchent à évaluer des effets relativement petits, une recette parfaite pour générer des résultats qui ne sont pas reproductibles ; à la suite de plusieurs “scandales de répétabilité” en 2011, de nombreux chercheurs en psychologie se sont engagés dans une vague d’études de réplication, afin d’identifier quels résultats pouvaient résister à un autre test. La bonne nouvelle est que ceci a créé un mouvement vers de meilleures pratiques: les journaux scientifiques en psychologie sont maintenant plus enclins à publier des études de réplication (au lieu de toujours demander de la nouveauté dans les articles reçus pour publication – un problème qui ne se limite d’ailleurs malheureusement pas au monde de la psychologie), les chercheurs ont commencé à publier les motifs et méthodes de leurs études avant de conduire les expériences, pour ensuite publier les résultats et analyses statistiques quelle que soit l’issue des expériences (là aussi cela demande une reconnaissance de la part de la communauté scientifique – et de la société – que ne pas trouver quelque chose peut être aussi intéressant que trouver quelque chose)

– des études du manteau terrestre utilisant une nouvelle technique, la tomographie par champ d’ondes complètes: les résultats donnent de nouvelles informations pour mieux comprendre les mouvements intérieurs de la Terre grâce à l’obtention d’images d’une résolution encore jamais atteinte

– la démonstration de l’enchevêtrement quantique: des chercheurs ont montré que mesurer la propriété d’une particule quantique telle qu’un électron détermine instantanément l’état d’un autre électron situé à distance (1,3 kilomètre dans l’expérience en question) et “enchevêtré” avec le premier.

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