Prix Nobel de Physiologie ou Médecine 2015

Cette année, le prix Nobel récompense trois chercheurs pour leur découverte de nouvelles thérapies contre des infections causées par des parasites.

Une moitié du prix est attribuée à Youyou Tu pour la découverte de l’artémisinine, utilisée pour traiter le paludisme. L’autre moitié est partagée par William C. Campbell et Satoshi Ōmura pour la découverte de l’avermectine, une molécule dont les dérivés sont efficaces dans le traitement des filarioses, notamment la cécité des rivières et la filariose lymphatique.

Plus de détails dans le communiqué de presse (en anglais).

Vidéo de l’annonce du Prix Nobel (en français à environ 2′):

En bref (septembre 2015): salive et radiothérapie, froid et sensibilité à l’insuline, et un virus géant

Production de salive et radiothérapie, ou comment le fait d’avoir trouvé où résident les cellules souches nécessaires à la régénération des glandes salivaires pourrait permettre d’éviter des dommages irréversibles et maintenir une production de salive suffisante après radiothérapie dans les cancers de l’oropharynx
Exposition au froid et sensibilité à l’insuline, ou comment un protocole impliquant de passer plusieurs heures dans une pièce froide pendant quelques jours pourrait améliorer la sensibilité à l’insuline chez des patients atteints de diabète de type 2
Un autre gros, gros, gros virus, ou comment un nouveau virus géant a récemment été découvert dans un échantillon de permafrost sibérien vieux d’environ 30 000 ans Lire la suite

Un MOOC sur la vaccinologie

L’Institut Pasteur et le CNAM proposent un cours en ligne gratuit sur la vaccinologie (étude des vaccins et de la vaccination). Le cours vient tout juste de commencer, donc il est encore temps d’y jeter un oeil!

Le cours dure 6 semaines et devrait demander environ 2h30 de suivi par semaine. Les vidéos sont en anglais, avec des sous-titres français.

« L’objectif de ce cours est d’offrir une vision intégrée de la vaccinologie, allant de la santé publique et des données scientifiques qui justifient le développement d’un vaccin, jusqu’à sa distribution aux populations dans le contexte des pays industrialisés et en développement. »

Remarque: Le cours est destiné à des personnes ayant un minimum de formation scientifique ou médicale, donc certaines parties seront sûrement un peu difficiles à suivre pour le grand public. Cela étant, le cours devrait néanmoins contenir quelques vidéos plus générales accessibles à tous, où chacun pourra découvrir au moins un petit quelque chose!

Quand les poissons-zèbres ont une scoliose

“ Tiens-toi droite, ne t’affale pas comme ça, ou tu va avoir une scoliose! ”

Ce genre de remarque m’énervait passablement lorsque j’étais adolescente, d’une part parce que je me tenais droite, et d’autre part parce que j’avais déjà une scoliose (malgré tout ce bon maintien). Pour moi, c’était du même niveau que, par exemple, dire à un enfant de ne pas faire de grimace car, si le vent tourne au même moment, son visage restera figé dans cette position. (Je ne suis pas la seule à avoir entendu ça, non?)

Une scoliose est une déformation de la colonne vertébrale. Plus précisément, c’est défini comme une courbure latérale de la colonne de plus de 10° (mesurée avec la méthode de Cobb), accompagnée d’une rotation des vertèbres. En d’autres termes: la colonne vertébrale n’est pas droite – dans mon cas, on dirait plutôt un S étiré verticalement.

Souvent, il n’y a pas de cause connue au développement d’une scoliose. Lire la suite

Et si la rougeole diminuait la mémoire immunitaire?

La rougeole n’est pas une maladie infantile bénigne. Le virus qui la cause est extrêmement contagieux et l’infection peut entraîner des complications graves, telles qu’une pneumonie, une encéphalite, des lésions cérébrales, ou la mort (points d’actualités INVS 1er juin 2015). Une étude récemment publiée dans Science suggère maintenant que la rougeole peut aussi laisser un enfant plus vulnérable à d’autres pathogènes jusqu’à deux à trois ans après la maladie.

On sait que la vaccination de masse contre la rougeole est associée à une réduction générale de la mortalité infantile. Dans chacun des pays où elle a été introduite, une baisse du nombre de décès infantiles dus à la rougeole, mais aussi de ceux dus à d’autres maladies infectieuses, a été observée.

Comment cela se fait-il? Comment un vaccin conçu pour protéger contre la rougeole peut-il aussi protéger contre d’autres maladies infectieuses? Lire la suite

En bref (mars 2015, partie I) : variabilité immunitaire et vaccin HPV

Une sélection parmi mes lectures des derniers mois:
adaptabilité du système immunitaire, ou comment notre système immunitaire est plus largement façonné par notre environnement et les microbes que l’on rencontre que par nos gènes,
profil de sécurité du vaccin HPV, ou comment une étude conduite en Suède et au Danemark n’a pas trouvé d’augmentation du risque de développer une sclérose en plaques ou autre maladie démyélinisante après avoir reçu le vaccin quadrivalent contre les papillomavirus humains. Lire la suite

Modéliser une épidémie pour guider les interventions de santé publique (Ebola, Afrique de l’Ouest)

journal.pbio.1002056.g008À la mi-décembre 2014, environ 18 000 personnes avaient déjà été infectées par le virus Ebola sévissant actuellement en Afrique de l’Ouest. Au 12 janvier 2015, le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) faisait état de plus de 21 000 cas. Toutefois, étant donné qu’un certain nombre de cas ne parviennent pas à la connaissances des organismes de surveillance, le vrai nombre d’individus infectés est probablement beaucoup plus important. Le taux de létalité (la proportion d’individus infectés qui meurent de l’infection) pour cette épidémie d’Ebola est estimé à environ 70% (sur la base des cas connus). Lire la suite

Quatre questions sur le virus Ebola

Dans son édition du 30 octobre, le journal Nature s’intéresse au virus Ebola et plus généralement à la famille de virus à laquelle il appartient au travers d’un certain nombre de questions auxquelles les scientifiques tentent de répondre. Si cela vous intéresse, je recommande la lecture de cet article (accès libre, en anglais). En voici quelques points: Lire la suite

Journée mondiale de la santé mentale

Le 10 octobre est le “World Mental Health Day” (Journée mondiale de la santé mentale). Cette année, 2014, le thème était “Vivre avec une schizophrénie”. Cette initiative n’est peut-être pas aussi populaire que le mois de sensibilisation au cancer du sein. Ou que la journée mondiale du diabète. Et pourtant.

Le cerveau est un organe comme un autre dans notre corps, pourtant nous ne réagissons pas de la même manière face aux maladies mentales que face aux maladies du coeur, du pancréas, etc. Autrefois, les personnes dont le cerveau ne fonctionnait pas “normalement”, i.e. pas comme celui de la majorité des êtres humains, étaient considérées comme “folles” ou “arriérées mentales” et étaient plus ou moins rejetées de la société. Heureusement, les choses ont changé. Mais pas assez. Les préjugés et la stigmatisation sociale sont encore forts. Lire la suite

Infection des voies respiratoires chez l’enfant : trop d’antibiotiques ?

10344775_815628761791470_2583354142570698374_nLa résistance aux antimicrobiens représente une menace sérieuse pour la santé humaine. Comme le rapport de l’OMS publié en avril 2014 le souligne, il ne s’agit plus d’un problème futur mais déjà de la réalité, et ce partout dans le monde. La résistance des microbes aux antimicrobiens (qui incluent les antibiotiques) menace de reléguer au passé de nombreux succès de la médecine moderne qui permettent actuellement aux êtres humains de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Lutter contre la résistance croissante des microbes aux antimicrobiens nécessite des efforts concertés sur plusieurs fronts, l’un d’entre eux étant l’amélioration de la manière dont les antibiotiques sont actuellement utilisés aussi bien dans le domaine de l’agriculture que dans celui de la médecine. Essentiellement, cela veut dire diminuer l’utilisation des antibiotiques.

Une étude publiée dans le journal Pediatrics en octobre a essayé d’estimer la fréquence à laquelle des antibiotiques étaient prescrits aux États-Unis pour des cas d’infection des voies respiratoires chez l’enfant par rapport à la fréquence à laquelle ces infections étaient effectivement dues à des bactéries (beaucoup sont en effet causées par des virus). Lire la suite