Valeur prédictive d’un test de dépistage – Ou comment un test avec une précision de 90% peut générer un résultat positif qui a 68% de chances d’être faux

Dans mon billet précédent, je parlais d’une étude récemment parue dans Nature Medicine qui rapportait l’identification d’un panel de lipides dont la concentration sanguine pouvait prédire si un individu allait développer des troubles de la mémoire (ou un début de maladie d’Alzheimer) dans les deux ou trois ans.

Mon but en écrivant ce billet était de décrire comment les individus inclus dans l’analyse qui a servi à identifier le panel de lipides avaient été sélectionnés, et d’ainsi mettre en valeur deux points importants:
1) les résultats de l’étude s’appliquent à un groupe d’individus répondant à un certain nombre de critères et ne sont donc pas directement généralisables à l’ensemble de la population,
2) les lipides à la base du test de dépistage ont été identifiés à partir de l’existence de différences dans leurs concentrations sanguines entre des groupes d’individus dont les effectifs étaient relativement faibles, et il est donc important de vérifier que ces différences sont également observables avec de plus grands groupes d’individus avant d’affirmer que ces lipides sont des biomarqueurs valides.

J’ai ensuite remarqué que la plupart des articles de presse rapportant les résultats de cette étude non seulement donnaient l’impression que les chercheurs avaient mis au point un test sanguin pour prédire la maladie d’Alzheimer et que ce test était opérationnel ou allait bientôt l’être, mais aussi mentionnaient souvent que ce test pouvait prédire la maladie d’Alzheimer “avec une précision de 90%”.

Je peux voir deux problèmes au fait de donner une information telle que “précision de 90%” sans fournir plus de détails ou d’explications.

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